The Story of the ‘Stache: A brief history | Récit de moustache : un petit historique

Written by Lilia L.

The moustache has a thousand faces. It can be debonair, eccentric, distinguished, villainous, suave. It can be twisted and twirled, combed and curled, sculpted and swirled. It has graced princes and paupers, priests and philosophers, and all manner of men in between. Over the centuries it has had growth spurts of popularity and close shaves with extinction…

The moustache enters the historical record in ancient Egyptian artwork. A statue of Prince Rahotep, made before 2600 BCE, was placed in in his tomb and shows him with a neat black moustache. For the most part, however, the Egyptians considered body hair to be unclean and a mark of the beast, and used ceremonial beards instead of growing facial hair. Information on the customs of growing facial hair in the ancient East is hard to find (in English, at least), but Confucius’ famous look indicates that moustaches made an appearance.

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Prince Rahotep sporting a well-kept moustache.
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Confucius, who apparently said that “A man without a moustache is a man without a soul

The word “moustache” is derived from the Doric Greek word “mustax,” or upper lip, but the ancient Greeks themselves only grew moustaches to accompany their beards. The Romans considered facial hair in general to be uncivilized, and the barbarian Gauls, Goths, and Britons they fought against all had moustaches.

Continuing into the Medieval Ages and beyond, the fate of moustaches was determined on a societal level. Governments and religious leaders set the tone, and in 1447 the English parliament went so far as to ban growth on the upper lip. Up until the 1800s, the popularity of the moustache also depended on the whims of royalty. If rulers grew them, courtiers dutifully sprouted their own. Similarly, royal disapproval would immediately put moustaches out of fashion. Louis XIV (1638-1715) made the moustache chic in France until he decided it made him look old and shaved it.

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Trendsetter Louis XIV, the Sun King, with and without his moustache. Which look suited him better?

Despite periods of unpopularity, the moustache made a roaring comeback in Victorian times. During the 19th century, the moustache became part of the military uniform for many armies (i.e. French militia, English soldiers, Prussian guard). As the look became associated with masculinity, it was adopted by civilians. “The idea of virility, spirit, and manliness that it [the moustache] conveys is so great that it was a long time the special privilege of officers of the army to wear it…it has now become general in almost all classes,” wrote Mrs. C.E. Humphrey in the 1904 publication Etiquette for Every Day. Furthermore, some doctors extolled the health benefits of facial hair, saying it was nature’s filter against harmful particles.

As more men grew Handlebars and Imperials, a new industry emerged catering to moustache care. Companies sold specialized products, including combs, dyes, oils, waxes, hairnets, and even moustache harnesses to be worn overnight to preserve their shape. One of the most useful items was invented by potter Harvey Adams in the mid-1800s, when he made the moustache cup. The teacup featured a lip inside that served as a barrier between the liquid and the moustache. This prevented the fashion faux-pas that occurred when hot teas and coffees made dyes and waxes run down the face from the moustache.

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An advertisement from the early 1900s in the Barbers’ Journal.

During the 20th century moustaches truly flourished as it became a personal, rather than a cultural, decision to grow them. Certain ones have gained everlasting fame, including the moustaches of Friedrich Nietzsche, Theodore Roosevelt, Charlie Chaplin, Albert Einstein, Salvador Dali, Groucho Marx, and more recently Tom Selleck. Various moustache clubs were founded, and the first World Beard and Moustache Championships were held in 1990. The past decade has seen the emergence of Movember, an annual November fundraiser when men grow moustaches and promote awareness for men’s health. This year the Bytown Museum supported the cause by hosting an evening event, fundraising, and setting up an exhibit. “Great Mo-ments in Bytown” showcases some of Ottawa’s most impressive historic moustaches, as well as unique artifacts like moustache cups, razors, and strops!

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Moustache cups, razors, and strops on display at the Movember exhibition.

Lilia Lockwood is a member of the Bytown Museum Youth Council and studies history and political science at the University of Ottawa.

Récit de moustache : un petit historique

La moustache comporte mille et une facettes. Elle peut être débonnaire, excentrique, distinguée, sans scrupules ou suave; entortillée et tournoyante, coiffée et bouclée ou sculptée, en volutes. Elle a embelli princes, indigents, prêtres, philosophes, et bien d’autres hommes. Au fil des siècles, elle a connu des regains de popularité ou frisé la disparition…

La moustache est entrée dans les annales de l’art de l’Égypte ancienne. Une statue ornant la tombe du prince Rahotep, antérieure à 2 600 ans avant notre ère, le montre arborant une moustache noire bien taillée. Mais la plupart du temps, les Égyptiens considéraient les poils comme une marque de malpropreté et de bestialité; ils utilisaient des barbes de cérémonie plutôt que de laisser pousser la leur. On trouve peu d’information sur les coutumes liées au port de la barbe ou de la moustache dans l’Égypte ancienne (du moins en anglais), mais en Extrême-Orient, la célèbre image de Confucius montre que la moustache donne une certaine prestance.

Le prince Rahotep arborant une moustache bien taillée
Le prince Rahotep arborant une moustache bien taillée
Confucius aurait apparemment déclaré qu’un homme sans moustache est un homme sans âme

Le mot « moustache » vient du grec mustax, qui signifie lèvre supérieure. Mais dans l’Antiquité, les Grecs ne laissent pousser leur moustache que pour accompagner leur barbe. Les Romains considèrent en général le système pileux facial comme non civilisé. En effet, les Gaulois, les Goths et les Britanniques qu’ils combattent portent tous la moustache.

Jusqu’au Moyen-Âge et au delà, le sort de la moustache dépend de la classe sociale. Les chefs politiques et religieux donnent le ton, et en 1447, le Parlement anglais interdit le port de la moustache sur la lèvre supérieure. Jusque dans les années 1800, la popularité de la moustache dépend des caprices de la royauté. Si les dirigeants arborent une moustache, les courtisans se font un devoir de laisser pousser la leur. De la même façon, la désapprobation royale rend aussitôt la moustache démodée. Sous Louis XIV (1638-1715), la moustache devient en France un signe d’élégance jusqu’à ce que, considérant qu’elle le vieillit, le roi décide de la raser.

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Créateur de tendances, Louis XIV, le Roi-Soleil, avec et sans moustache. Qu’est-ce qui lui va le mieux?

Malgré des périodes d’impopularité, la moustache fait un retour triomphant à l’époque victorienne. Au xixe siècle, la moustache fait partie de l’uniforme militaire de plusieurs armées (dont la milice française, les soldats anglais, la garde prussienne). Comme elle est associée à la masculinité, les civils l’adoptent. « L’idée de virilité, d’esprit, de masculinité que [la moustache] véhicule est si importante que son port a longtemps été réservé aux officiers de l’armée […] aujourd’hui, il s’est répandu dans presque toutes les classes sociales » écrit en 1904 Mme C.E. Humphrey dans une publication intitulée Etiquette for Every Day. De plus, certains médecins vantent les avantages médicaux du système pileux facial, affirmant que ce dernier sert de filtre naturel qui protège le porteur de certaines particules nuisibles.

Comme de plus en plus d’hommes arborent des moustaches impériales ou en guidon, une nouvelle industrie émerge, consacrée aux soins de la moustache. Les entreprises vendent des produits spécialisés, incluant peignes, teintures, huiles, cires et filets à cheveux; elles proposent même des harnais à moustache qui se portent la nuit pour protéger les formes données à cet attribut pileux. L’un des objets les plus utiles a été inventé par le potier Harvey Adams au milieu des années 1800. Il s’agit d’une tasse spécialement conçue pour moustachus, qui comporte à l’intérieur la forme d’une lèvre empêchant que la moustache se mouille. Cette invention a permis de prévenir les fâcheux accidents qui seraient survenus si le thé ou le café chaud avait fait couler cires et teintures sur le visage du moustachu.

Annonce publicitaire datant du début des années 1900, tirée du Barbers’ Journal
Annonce publicitaire datant du début des années 1900, tirée du Barbers’ Journal

Au xxe siècle, les moustaches se multiplient. Elles ne sont plus un attribut culturel, la décision de la faire pousser devient un choix personnel. Certaines moustaches ont acquis une réputation légendaire, dont celles portées par Friedrich Nietzsche, Theodore Roosevelt, Charlie Chaplin, Albert Einstein, Salvador Dali, Groucho Marx, et plus récemment, par Tom Selleck. Des clubs de moustachus sont fondés, et le premier championnat mondial de barbes et de moustaches se tient en 1990. Le groupe Movember est créé au cours de la dernière décennie. Chaque année en novembre, des hommes laissent pousser leur moustache en vue d’amasser des fonds et de sensibiliser la population à la santé masculine. Cette année, le Musée Bytown a appuyé cette cause en accueillant dans ses locaux une soirée, en soutenant la campagne de financement et en présentant une exposition, Les grands moustachus de Bytown, où les visiteurs peuvent admirer les moustaches historiques les plus impressionnantes d’Ottawa ainsi que des artefacts uniques, tels que des tasses et des cuillères pour moustachus. Cette exposition restera à l’affiche jusqu’au 18 décembre 2014. Assurez-vous de venir la voir!

Moustache tasses, des rasoirs, cuirs et sur ​​l’affichage à l’exposition Movember.
Lilia L. est un membre du Conseil de la jeunesse Musée Bytown et étudie l’histoire et la science politique à l’Université d’Ottawa.
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