Remembrance Day: A Personal Perspective | Le jour du Souvenir : point de vue personnel

Written by Alana C.

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Photo of Oscar Couvrette’s hands, courtesy of Couvrette Photography

He might not have remembered who I was, but I know very well who he is and what he has done for his country. I’ve always been curious about his experiences overseas during World War II, but unfortunately, memory wasn’t his forté. My grandfather, Oscar Couvrette, soldier for the Ottawa Cameron Highlanders, courageously fought on June 6th 1944: D-Day.

Born and raised in Ottawa, Oscar joined the Canadian Army at 18. After several months of training, the Cameron Highlanders of Ottawa departed for Iceland in 1940. There, the first battalion served as part of the Canadian “Z” force. Because of its strategic position, Iceland ran the risk of being invaded by Germans and it was deemed necessary to protect. A year later, the threat of an invasion was no longer imminent, so the Regiment travelled to Britain to join the 3rd Canadian Infantry Division. The troops spent the next three years training intensely, as higher authorities figured out the regiment’s strong points and how to utilize them. By 1944, the Cameron Highlanders of Ottawa was a Machine Gun Battalion and they were organized around three Vickers medium machine guns which, remarkably, require six to eight men to operate! Next came the day that changed everything, D-Day. The 1st battalion landed on the beaches of Normandy on June 6th 1944 as part of the Canadian D-Day assault force and, in fact, the 1st battalion was the only Ottawa regiment to participate in the D-Day landings.

What comes next is, in my eyes, an extreme act of courage and heroism. One can only imagine the atrocious conditions the troops had to endure. Some unfortunately paid the ultimate toll with their lives. Survivors on the other hand, paid the toll for the rest of their lives, having to manage a heavy burden upon their shoulders. My grandfather miraculously survived, even though he was inflicted with heavy burns, covering 90% of his body.

My grandfather spent several of his years at the Perley Rideau Veteran’s Health Centre. My father and I visited him as much as we possibly could. Most of the time we’d sit next to his bed and my father would do most of the talking. He’d try to jog his memory by quizzing him in hopes of proving the doctors wrong; that he didn’t have Alzheimer’s. To my surprise, my grandfather had an excellent long term memory and the moments where he’d remember, you’d see everyone’s face light up, including his! Before we’d leave, I’d kiss his forehead and softly whisper “Je t’aime grandpapa”. I always felt guilty leaving him by himself, but I also knew that he was in good hands.

The day I found out that he passed away, I was in shock. I felt as if I hadn’t thanked him enough for what he had done and that I didn’t prove to him that I was worthy of his sacrifice. That’s why I always take the time whenever I can, and particularly on Remembrance Day, to be grateful. Not only grateful for the sacrifices that he had made, but also for the sacrifices of every man and woman who gave their lives for their countries.

Everyday, I pass by the Parliament buildings and shrug at its importance. It has become such a routine view that I no longer ponder the beauty of it all. It was only once my foreign friend mentioned how beautiful the buildings were and how lucky I was to live in close proximity that it hit me. These buildings, the foundation of our country, are what countless men and women fought for. This is what my grandfather fought for, and this is how I would remember him. However, it’s not all about remembering. It’s about being grateful. After all, you don’t know what you have until it’s gone.

Alana C. is a member of the Bytown Museum Youth Council and a student at the University of Ottawa studying Political Science and Public Administration.

Le jour du Souvenir : point de vue personnel

Photo des mains d'Oscar Couvrette, gracieuseté de Couvrette Photographie
Photo des mains d’Oscar Couvrette, gracieuseté de Couvrette Photographie

Il ne se rappelle peut-être pas qui je suis, mais je le connais bien et je sais ce qu’il a fait pour son pays. Les expériences qu’il a vécues outremer durant la Seconde Guerre mondiale ont toujours piqué ma curiosité, mais la mémoire n’est pas son point fort. Mon grand-père, Oscar Couvrette, soldat du régiment des Cameron Highlanders d’Ottawa, a combattu courageusement pendant le jour J, le 6 juin 1944.

Oscar, qui est né et a grandi à Ottawa, s’est joint à l’armée à 18 ans. Après plusieurs mois de formation, il est parti avec les Cameron Highlanders d’Ottawa pour l’Islande, en 1940. Là, le premier bataillon a servi au sein de la force canadienne appelée « Z ». À cause de sa position stratégique, l’Islande risquait d’être envahie par les Allemands; aussi a‑t‑on jugé nécessaire de la protéger. Un an plus tard, la menace d’une invasion n’étant plus imminente, le régiment s’est rendu en Grande-Bretagne pour se joindre à la 3e Division canadienne d’infanterie. Les troupes ont passé les trois années suivantes à s’entraîner intensivement, pendant que les autorités cherchaient à déterminer les points forts du groupe pour en tirer parti. En 1944, les Cameron Highlanders d’Ottawa sont devenus un bataillon d’artillerie structuré autour de trois mitrailleuses Vickers de calibre moyen; de façon remarquable, il fallait de six à huit hommes pour les manœuvrer! Puis est arrivé le jour qui a tout changé, le jour J. Le 1er Bataillon a débarqué sur les plages de Normandie le 6 juin 1944. Il faisait partie de la force d’assaut canadienne, et de fait, il a été le seul régiment d’Ottawa qui ait participé au débarquement du jour J.

Ce qui est arrivé ensuite constitue, à mes yeux, un acte de courage et d’héroïsme sans pareil. On ne peut qu’imaginer les conditions atroces endurées par les troupes. Malheureusement, certains hommes y ont laissé leur vie. Quant aux survivants, ils en ont fait les frais pour le restant de leurs jours, ayant à géré l’énorme poids pesant sur leurs épaules. Par miracle, mon grand-père a survécu, même s’il a subi d’importantes brûlures qui ont ravagé 90 % de la surface de son corps.

Mon grand-père a passé plusieurs années au Perley Rideau Veteran’s Health Centre. Mon père et moi lui avons rendu visite aussi souvent que possible. La plupart du temps, nous sommes restés assis près de son lit, mon père assurant l’essentiel de la conversation. Il essayait de rafraîchir la mémoire d’Oscar en l’interrogeant, dans l’espoir de prouver que les médecins avaient tort, que mon grand-père n’était pas atteint de la maladie d’Alzheimer. À ma grande surprise, mon grand-père se rappelait parfaitement les souvenirs anciens, et lorsqu’il se les remémorait, tous les visages s’éclairaient, y compris le sien! Avant de partir, je l’embrassais au front en lui murmurant « Je t’aime grand-papa ». Je me suis toujours sentie coupable de le quitter, mais je le savais entre bonnes mains.

Le jour où j’ai appris sa mort, j’ai été en état de choc. J’ai eu l’impression de ne pas l’avoir assez remercié pour ce qu’il a fait, je ne lui ai pas prouvé que je méritais son sacrifice. Voilà pourquoi je prends le temps, chaque fois que je le peux, en particulier le jour du Souvenir, d’être reconnaissante. Ma reconnaissance ne se limite pas aux sacrifices qu’il a faits; je l’exprime aussi à tous les hommes et à toutes les femmes qui ont donné leur vie pour protéger leur pays.

Chaque jour, je passe devant les édifices du Parlement, sans noter leur importance. J’ai tellement pris l’habitude de leur présence que je ne remarque plus leur beauté. C’est seulement quand une amie étrangère s’est exclamée devant la beauté des édifices et a déclaré que j’avais de la chance de vivre à proximité que cette réalité m’a frappée. Ces bâtiments, les fondements de notre pays, un nombre incalculable d’hommes et de femmes se sont battus pour défendre ce qu’ils représentent. C’est pour cela que mon grand-père s’est battu, et c’est ainsi que je me rappellerai de lui. Cependant, tout ne se limite pas à se souvenir. Il s’agit aussi d’être reconnaissant. Après tout, on n’apprécie pas ce qu’on possède avant de l’avoir perdu.

Alana C. est une membre du Conseil de la jeunesse Musée Bytown et un étudiant à l’Université d’Ottawa étudie les sciences politiques et d’administration publique.

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